sabato 10 dicembre 2011

Ma per chi viene salvato l'euro?


Ma per chi viene salvato l'euro? Non certo per la gente. Non certo per rilanciare l'economia. Non certo per i disoccupati.
Anche ieri a Bruxelles si è parlato di tutto fuorché di misure concrete per stimolare la crescita dell'economia e dell'impiego, per alleviare la situazione di 23 milioni di disoccupati nella EU.
Di quanto l'interesse sia solo concentrato sulle entità finanziarie e di come i governi ne siano asserviti, Cameron ne è stato un bell'esempio.
La posizione del Regno Unito di star fuori dell'Unione Europea è soprattutto dettato dagli interessi della City di Londra, l'industria finanziaria britannica che esige un non regolazione dei mercati finanziari.

venerdì 9 dicembre 2011

Schuldenbremse bei weiteren Bankenrettungen nutzlos

(Attac Österreich Newsletter: 18/2011)

Ohne strikte Finanzmarkt- und Bankenregulierung ist eine verfassungsrechtliche Schuldenbremse so sinnvoll wie ein Gesetz gegen schlechtes Wetter. Die sinnvollsten Schuldenbremsen sind daher Finanzregulierungen, die Ban­ken­ret­tun­gen vorbeugen. Systemrelevante Banken, welche früher oder später Staatsbankrotte und den Zusammenbruch der Eurozone bewirken, müssen

endlich zerteilt werden.

Zur mit­tel­fris­ti­gen Redu­zie­rung der Schulden fordert Attac neue steuergerechte Einnahmen für sinnvolle Investitionen in Zukunftsbereiche: Vermögenssteuern sowie die Abschaffung von Steuerprivilegien für Kapitaleinkommen. In dieser europaweiten Krisensituation das Budget vorwiegend ausgabenseitig zu sanieren ist keine intelligente Strategie, weil wir dann die Wirtschaft abwürgen. Ein Kaputtsparen von Sozialstaates und Bildungseinrichtungen wird die Krise verschärfen.


Das Argu­ment, die Finanzmärkte müssten durch eine Schuldenbremse in der Verfassung beruhigt werden, ist nicht nur eine demokratiepolitische sondern auch eine wirtschaftspolitische Bankrotterklärung. Spa­nien ist das beste Beispiel, dass eine Schuldenbremse in der Ver­fas­sung die Finanzmärkte nicht beruhigt – im Gegenteil. Die Sekun­där­markt­zins­sätze spa­ni­scher Staats­an­lei­hen stie­gen in den Tagen rund um den Beschluss wei­ter. Sie haben mitt­ler­weile sogar ein neues Rekord­ni­veau erreicht.

giovedì 8 dicembre 2011

Las consecuencias de las tribulaciones que están padeciendo los italianos


La política de austeridad de Monti sin visión económica de futuro y crecimiento aplicada para tranquilizar a los mercados induce una recesión que finalmente no tranquiliza a los acreedores. Los acreedores saben bien que sin crecimiento no hay reducción posible de los déficits y del endeudamiento. Las crisis sociales sacuden a los países que han aplicado drásticos planes de ajuste, que se traducen en disminución de empleo, rentas y servicios sociales y en una juventud sin futuro que constituye una peligrosa bomba de relojería

mercoledì 7 dicembre 2011

S&P fait monter la tension avant le sommet européen

LE TEMPS 07/12/2011
PAR SÉBASTIEN DUBAS ET RAM ETWAREEA
La tension est montée d’un cran mardi suite à l’avertissement lancé la veille au soir par Standard and Poor’s (S&P) d’abaisser la note financière de quinze pays européens dont l’Allemagne et la France. Hier, l’agence de notation américaine a également placé le Fonds européen de stabilisation financière sous surveillance. Plus tard dans la journée, une autre agence de notation, Fitch, a cependant confirmé le AAA de la France. Néanmoins, les questions fusent alors que les chefs d’Etat européens s’apprêtent à se réunir dès jeudi pour tenter de rétablir la confiance.

Pourquoi S&P a-t-elle pris cette décision lundi?

«Notre travail n’est pas de faire de la politique ni de donner des conseils à ceux qui en font mais simplement d’évaluer les risques», a expliqué mardi Moritz Krämer, responsable de la notation pour l’Europe auprès de S&P. Pour de nombreux observateurs, l’avertissement tombe toutefois à point nommé et pourrait inciter les dirigeants à prendre les décisions qui s’imposent dès jeudi.

Comment S&P justifie-t-elle son avertissement?

Premièrement, les banques européennes éprouvent toujours plus de mal à trouver des fonds sur les marchés. Avec un besoin de refinancement du secteur bancaire estimé à 200 milliards d’euros pour le premier trimestre 2012, S&P craint un «credit crunch» sur le Vieux Continent.

Ensuite, les investisseurs privés rechignent à prêter aux Etats européens, y compris ceux qui sont marqués AAA. Le fait que la décision de restructurer la dette publique grecque à hauteur de 50% n’ait pas déclenché les CDS (assurance contre le risque de défaut) n’a d’ailleurs pas contribué à rassurer les investisseurs, note S&P.

La gestion politique de la crise est également pointée du doigt. Les querelles entre Etats et les décisions hésitantes des politiques ont affecté la confiance des investisseurs. Mardi, le président de l’Union européenne, Herman Van Rompuy, a d’ailleurs maintenu sa position en faveur de la création d’euro-obligations alors que le couple franco-allemand l’avait exclu la veille. Quant au premier ministre britannique David Cameron, il a menacé de «ne pas signer» un nouveau traité européen s’il n’obtient pas de garanties suffisantes pour son pays.

Finalement, S&P considère que les mesures d’austérité adoptées par les Etats compliquent la mise en œuvre de politiques visant à stimuler la demande. Par conséquent, les rentrées fiscales diminueront en 2012 et la croissance ralentira. L’agence a d’ailleurs revu à la baisse ses prévisions et table désormais sur une progression de 0,4% du PIB dans la zone euro l’année prochaine.

Faut-il prendre la menace au sérieux?

Moritz Krämer a souligné que la mise sous surveillance de la note de quinze pays ne rendait pas leur dégradation inéluctable. «Normalement, S&P se donne 90 jours pour décider si elle va de l’avant ou non. Mais afin de limiter toute spéculation, nous allons tâcher de réagir rapidement après le sommet européen et les décisions politiques qui en résulteront», a-t-il déclaré. Si les décideurs politiques apportent des «solutions solides et crédibles», il n’y aura donc pas de raison de dégrader les notes. Le responsable de S&P a néanmoins rappelé que les précédents sommets avaient aussi été marqués par un certain degré d’optimisme sans que des actions concrètes s’en suivent pour autant.

Quelle a été la réaction de la BCE?

S’il n’y a pas eu de réaction officielle, l’Autrichien Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs, a néanmoins dénoncé «une action politiquement motivée». Les regards sont maintenant tournés vers le président de la BCE, Mario Draghi, qui tiendra sa conférence mensuelle ce jeudi.

D’autres réactions?

Pour Jean-Claude Juncker, chef de file des ministres des Finances de la zone euro, il s’agit d’une menace «exagérée et injuste». Pour Ulrich Stephan, directeur de la stratégie d’investissement chez Deutsche Bank, «la perte du triple A ne serait pas la fin du monde et l’Allemagne resterait parmi les valeurs sûres».

Et les marchés?

Les bourses européennes ont plutôt bien résisté mardi à l’annonce de S&P. Alors que la bourse de Francfort a terminé en recul de 1,27%, Paris et Milan ont limité les dégâts avec des pertes respectives de 0,68% et 0,49%.

Quant à la bourse suisse, elle a progressé de 0,49%. En ce qui concerne le coût d’emprunt sur dix ans des Etats souverains européens, la France a vu son taux d’intérêt augmenter de 10 points de base (3,21%) tandis que celui de l’Allemagne a baissé dans les mêmes proportions (2,18%). Les taux demandés à l’Italie ont continué à se détendre et s’élèvent désormais à 5,81%

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/7e1c0eb0-204e-11e1-af0e-77d9fc026db3/En_pla%C3%A7ant_sous_surveillance_la_note_de_quinze_pays_de_la_zone_euro_SP_fait_monter_la_tension_avant_le_sommet_europ%C3%A9en

martedì 6 dicembre 2011

«Continuez à vous indigner»

Le Temps Mardi6 décembre 2011

PAR CAROLINE STEVAN
En un an, «Indignez-vous!», livre minuscule de Stéphane Hessel, s’est vendu à plus de trois millions d’exemplaires. Le résistant nonagénaire a rencontré les Indignés genevois

L’un porte une casquette Zimstern et une veste polaire. L’autre un costume trois pièces, une cravate sombre et un imperméable. Hier après-midi, Stéphane Hessel, ancien résistant, ambassadeur et corédacteur de la Déclaration universelle des droits de l’homme a rencontré Stéphane Amsellem, ex-punk, coursier à vélo et Indigné genevois. Deux mondes pour un élan commun. L’auteur d’Indignez-vous!, vendu à plus de trois millions d’exemplaires en une année, a salué l’engagement des campeurs des Bastions: «Genève est un lieu où l’on peut se donner une cible, le dysfonctionnement de l’économie mondiale.» «C’est la première. Nous reprenons l’esprit de Genève, l’altruisme et la solidarité», a répondu le cadet, promettant: «On ne fera pas couler de sang, mais seulement coucher de l’herbe». Une foule bigarrée a écouté l’échange, jeunes savamment négligés, coquettes grisonnantes, chiens jappant. «Bon courage, continuez», a conclu Stéphane Hessel, 94 ans, après avoir fait le tour des tentes et reçu chocolats, poèmes ou compliments émus.

Le Temps: Il y a une année sortait «Indignez-vous!». Depuis nous avons assisté à quelques révolutions arabes et de nombreuses mobilisations se revendiquant de votre titre. Un commentaire?

Stéphane Hessel: Cela m’enchante; on est toujours content quand une chose que l’on a faite a du succès. Mais cela m’inquiète car ce titre provocant, qui n’est pas de moi mais a été proposé par la maison d’édition Indigène, peut susciter des indignations différentes. Je souhaite qu’elles se fondent sur les valeurs indiquées dans mon livre et figurant dans le programme du Conseil national de la Résistance et la Déclaration universelle des droits de l’homme. La façon dont ce petit livre s’est répandu dans une trentaine ou quarantaine de pays prouve qu’il y a une angoisse sur la façon dont est menée l’économie mais aussi la politique mondiale. En Espagne, en Tunisie ou à New York des citoyens se sont mobilisés en brandissant mon texte.

– Vous mettez donc les révolutionnaires arabes et les Indignés genevois ou madrilènes dans le même sac?

– Ces situations sont évidemment très différentes les unes des autres mais elles ont en commun le désir de ne pas accepter le fonctionnement actuel. A Madrid, celui d’un Zapatero n’ayant pas réussi à donner suite aux besoins fondamentaux des Espagnols. A New York contre les dérives de Wall Street… Je pensais à la France en écrivant ce texte mais il a trouvé un écho dans bien d’autres pays.

– Vous trouvez que la France se porte mal?

– Je suis un opposant depuis toujours, un socialiste. Il me semble bon de prendre position contre la façon dont le président Sarkozy gère mon pays, à savoir sa proximité avec les riches et le peu de souci qu’il a des immigrés ou des Roms. Pour résumer: son allégeance au néolibéralisme sans régulation financière.

– Vous reconnaissez-vous dans les mouvements qui brandissent votre livret?

– Je ne me reconnais que comme un lançeur de mots. La manière dont cette indignation est vécue varie selon les pays. J’ai été par exemple gêné par les Espagnols agitant mon livre et attaquant le parlement ou jetant des pierres. Je me retrouve en revanche dans les revendications, qui ont toutes pour principale cible le dysfonctionnement de l’économie mondiale.

– Quid des révolutions arabes?

– Je suis fondamentalement un démocrate et je pense qu’il revient aux peuples de décider de qui les gouverne. Il faut s’indigner lorsque l’Etat est autoritaire mais il s’agit ensuite d’aboutir à la démocratie. Et là se pose la question: l’Islam est-il compatible avec la démocratie? Je réponds oui, voyez l’exemple turc – bien qu’imparfait. Les formes de démocraties peuvent être diverses et respecter les traditions, tant qu’elles sont en accord avec la Déclaration universelle des droits de l’homme.

– Dans «Indignez-vous!», vous citez largement le programme du Conseil national de la Résistance et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Avez-vous lu les projets du Conseil national de transition libyen ou encore des gouvernements tunisien ou égyptien?

– J’ai essayé de comprendre les revendications tunisiennes. J’y suis allé à plusieurs reprises. Je suis également de près les élections égyptiennes. J’ai naturellement un sentiment mélangé parce que je suis un partisan acharné de la non-violence. Je peux la comprendre de la part de gens soumis à une violence extrême de la part de l’Etat mais je pense que la non-violence courageuse permet les meilleurs résultats. Voyez les Syriens qui continuent à protester pacifiquement.

– Et qui sont durement réprimés là où les Libyens et l’OTAN ont éliminé Kadhafi au prix de combats.

– Il y a des cas où il est légitime que la violence intervienne. Mais la résolution du Conseil de sécurité visait à détruire les armes du tyran en évitant de tuer des gens. Il y a cependant eu des victimes. Cela devient un problème philosophique sur la guerre juste.

– Quels sont les défis majeurs aujourd’hui?

– Je vois au moins deux grands périls contre lesquels il faut agir. D’une part, l’extrême pauvreté face à la scandaleuse richesse, l’écart s’accroît. D’autre part, nous avons exagérément exploré les ressources de notre petite planète.

– Dans «Engagez-vous!», publié quelques mois après «Indignez-vous!», vous proposez la création d’un Conseil de sécurité économique et sociale et d’une Organisation mondiale de l’environnement. Vous évoquez encore des initiatives plus individuelles et plus locales. Par exemple?

– Il est possible de se mobiliser localement dans le cadre d’une économie sociale et solidaire. C’est ce que proposent par exemple les Amap en France, des coopératives, des mutuelles. Il s’agit d’un échange entre le producteur et le consommateur permettant de développer une économie sans profit. Un autre exemple serait de s’occuper des immigrés en situation difficile. Les rencontrer, leur parler, essayer de faire pression sur la préfecture ou les autorités en cas de menace de renvoi. J’ai envie de dire aux jeunes: ne restez ni indifférents ni découragés.

– Comment les percevez-vous ces jeunes?

– Je les trouve un peu léthargiques, endormis. Mais, et c’est au moins aussi grave, ils sont découragés parce qu’ils ont l’impression que ce qu’ils font ne sert à rien. Ce livre vise à leur dire de ne pas baisser les bras.

– Vous évoquez l’économie et l’environnement comme défis majeurs. Que dire des droits humains, vous qui avez corédigé leur Déclaration universelle?

– C’est ce qui me préoccupe personnellement le plus. Nous disposons heureusement d’une organisation, dont l’un des sièges est ici à Genève, les Nations unies, qui a mis en place un nombre considérable d’instances et d’institutions pour résoudre ces problèmes. Qu’est-ce qui leur manque? Une certaine efficacité. Trop souvent ce sont des discours, quelquefois des résolutions excellentes, mais qui ne sont pas appliquées. Cela cloche pour des raisons que nous connaissons bien: le veto du Conseil de sécurité notamment. Nous aurions besoin d’une organisation où les décisions seraient prises à la majorité des deux tiers. Quant au Conseil des droits de l’homme, la difficulté est de concilier droit et politique. Globalement, nous allons dans la bonne direction, sauf quelques retours en arrière. Je pense aux années qui ont suivi la chute des tours de Manhattan, succession de bêtises et de crimes.

– Vous avez été invité à Genève par l’association Enfants de Gaza. Le Proche-Orient est l’un de vos grands motifs d’indignation?

– J’ai connu la Deuxième Guerre mondiale et la Shoah. J’ai été de ceux qui se sont réjouis de la création de l’Etat d’Israël. On parlait alors de Palestine mais non de Palestiniens; aussi je suis resté un peu tristement indifférent à ce que ce peuple appelle la Nakba, c’est-à-dire l’obligation de quitter 55% de leurs terres et leurs villages en 1948. J’ai commencé à m’indigner lors de la guerre de 1967 et je suis, depuis, chaque année plus sévère. Israël a aujourd’hui à sa tête le pire gouvernement qu’il n’ait eu, quasi fasciste. Je suis donc devenu le parrain du Tribunal Russell sur la Palestine, qui appelle à citer témoins et experts sur ce qui n’est pas acceptable.

Conférence à l’Université de Genève ce mardi à 19h, sur l’obtention de justice, vérité et réparation pour les victimes de crimes graves.

Stéphane Hessel en dates

1917: naissance à Berlin

1941: naturalisé français depuis 1937, il entre dans la Résistance

1944: arrêté par la Gestapo. Il s’échappe à deux reprises

1946: devient diplomate aux Nations unies, pour lesquelles il corédige la Déclaration universelle des droits de l’homme

1977: ambassadeur auprès de l’ONU, à Genève

2010: publie «Indignez-vous!»

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/e1bd97fc-1f7e-11e1-a723-063e17a5b475/Continuez_%C3%A0_vous_indigner

lunedì 5 dicembre 2011

El maestro del miedo


El Pais Lunes 05/12/2011

Mario Monti es un maestro del miedo. Lo maneja a la perfección. Triunfe o fracase, cuando desde el futuro volvamos la mirada hacia la Italia de nuestros días y estudiemos su sorprendente ascensión al poder, solo podremos explicarla teniendo muy presente ese factor tan poderoso como invisible. Es verdad que, bajo el contexto de la crisis, el nuevo jefe del Gobierno llegó hace tres semanas a su puesto gracias a que Berlusconi se convirtió en una vergüenza para su país, a que Merkel, Sarkozy y -sobre todo- los poderosos dueños del dinero confiaron en él; a que, en fin, el presidente Giorgio Napolitano abandonó su labor de oráculo y ejecutó un golpe de mano que también valdrá la pena estudiar. Pero, sin su maestría para modelar a su antojo el miedo ajeno, todo le hubiera resultado más difícil.

Utilizando las palabras justas, sin alzar el tono, el jefe de los tecnócratas ha sembrado en la conciencia general un dilema brutal: o yo o el caos. De tal forma que, salvo excepciones, los otrora estrepitosos políticos italianos no solo han aceptado ser relevados por un Gobierno que no pasó por las urnas, sino también respaldar un duro ajuste que jamás ellos se hubieran atrevido a insinuar. Pero hay más. Los sindicatos protestan por los recortes sociales, pero su queja -que en otros momentos hubiera colapsado el país- apenas se acercó a un ladrido lastimero sin amenaza de mordisco. Nadie habló de la posibilidad de una huelga.

El miedo, eficazmente manejado, se convirtió ayer, como hace tres semanas durante su asalto al poder, en un poderoso antídoto contra cualquier protesta. El profesor, sin torcer el gesto, no solo exige a Italia una respuesta a su pregunta -el caos o yo-, sino que la quier

http://www.elpais.com/articulo/internacional/Monti/impone/severo/ajuste/Italia/elpepiint/20111205elpepiint_1/Tes

giovedì 1 dicembre 2011

Occupy Wall Street ou les inégalités économiques au cœur du débat

Le Temps Jeudi1 décembre 2011

PAR STÉPHANE BUSSARD NEW YORK

C’est à Vancouver, au Canada, que l’idée d’occuper le quartier financier de New York a vu le jour. Aujourd’hui, évacué des centres-villes, le mouvement cible ses actions

En chassant les manifestants du Zuccotti Park le 15 novembre dernier, la police de New York pensait avoir fait l’essentiel. Le mouvement Occupy Wall Street (OWS) pouvait mourir de sa belle mort. Ce d’autant que mercredi, les forces de l’ordre de Los Angeles et de Philadelphie ont évacué des manifestants rétifs à l’ultimatum des autorités et procédé à plus de 350arrestations.

Occupy Wall Street, dont le nom s’est adapté à chaque ville des Etats-Unis (exemple: Occupy DC) où le mouvement a sévi, trompe les apparences. Il est toujours bien vivant. L’ouvrage de Stéphane Hessel Indignez-vous!fait un carton aux Etats-Unis. Mais le modus operandi change. Désormais, OWS multiplient les actions ciblées. A Manhattan, hier, des manifestants ont dénoncé la tenue d’une conférence de Aviation Week et de Credit Suisse sur le financement de la Défense, qualifiant les organisateurs de «profiteurs de guerre». En Californie, Occupy Oakland appelle la population à bloquer tous les ports de l’Etat le 12 décembre.

De sa ferme de deux hectares, à proximité de Vancouver au Canada, Kalle Lasn, diplômé en mathématiques, n’aurait jamais imaginé une telle mobilisation. Cofondateur et rédacteur en chef du magazine anti-consommation Adbusters, il a eu l’idée de créer un campement près de la bourse de New York. Comme il le raconte dans The New Yorker, «l’Amérique avait besoin de son propre Tahrir», allusion à la place du Caire où s’est concrétisée la révolution égyptienne. Aux yeux de cet Estonien d’origine, Wall Street entraîne l’Amérique dans son «déclin terminal». Le virage opéré par cet homme de 69 ans est radical. En Australie, où sa famille s’était installée peu après la Seconde Guerre mondiale, il concevait des jeux de guerre vidéo pour le Ministère de la défense. Puis, au Japon, il fit beaucoup d’argent dans l’informatique. Maintenant, son cheval de bataille est la lutte contre le grand capital.

En juin 2011, il en discute avec son collaborateur Micah White, 29ans. Entre Acampada Wall­Street.org, TakeWallStreet.org ou OccupyWallStreet.org., ils choisissent le dernier pour qualifier la future mobilisation. Kalle Lasn opte pour le 17 septembre, jour de l’anniversaire de sa mère, comme date de rassemblement. Il lance un ballon d’essai le 13 juillet sur Twitter et Reddit. Le message envoyé montre une ballerine dansant sur le dos du musculeux taureau de bronze de 3200 kilos, symbole de Wall Street et de l’agressivité des marchés, sculpté par Arturo di Modica. L’opération fait un tabac. Le lendemain, le nom de domaine OccupyWallStreet.org est officiellement enregistré. Pour bénéficier de conseils logistiques, le mouvement se lie avec un autre courant opposé aux baisses d’impôts, le New Yorkers Against Budget Cuts.

A Manhattan, d’autres citoyens se mobilisent, dont Diana Eguia. Sur son blog, la jeune Espagnole s’insurge contre l’attribution du Nobel de la paix à Barack Obama «qui n’a rien fait», précisant que Julian Assange, Monsieur WikiLeaks, a réalisé «des choses incroyables dans le combat pour la vérité», mais a été récompensé par une arrestation. En mai 2011, elle se souvient: «Une manifestation d’Espagnols s’organise à Washington Square à New York en solidarité avec les Indignés madrilènes. En août, un groupe se réunit en assemblée générale au Bowling Green Park près de Wall Street, copiant le modèle de fonctionnement des Indignés madrilènes.»

«L’esprit du mouvement à New York est très similaire à celui de Madrid», constate Diana Eguia. Les protestataires reprennent à leur compte une gestuelle héritée du mouvement des droits civiques: paumes ouvertes, doigts levés signifient approbation, paumes fermées, doigts pointant vers le bas désapprobation, les bras croisés, objection. Horizontalité est leur maître mot. Une manière de refuser le changement imposé par la hiérarchie. Le modèle, c’est la place Tahrir, les manifestations anti-OMC voire même le Tea Party. C’est aussi Linux, un logiciel ouvert, sans propriétaire.

Occupy Wall Street se targue d’être sans demande et sans leader. Ce n’était pourtant pas le souhait de Kalle Lasn qui jugeait nécessaire d’avoir un message clair du genre «renverser Moubarak». Il songeait ainsi à instaurer une taxe «Robin des Bois» sur les transactions financières. Maintenant, le mouvement est toutefois beaucoup plus organisé. Quant à la rhétorique d’OWS, les 99% de la population contre le 1% de super-riches, elle est floue mais interpelle.

Professeur de sciences politiques à la Columbia University, Robert Lieberman notait lors d’une récente conférence du Council on Foreign Relations: «La redistribution des revenus est plus inégale que jamais. Le 1% supérieur de la société a vu ses revenus augmenter de 275% au cours des trente dernières années. Parallèlement, les 25% les plus pauvres n’ont connu qu’une croissance de 18%. Mais les vraies inégalités ne découlent pas d’une redistribution insuffisante, mais de salaires toujours plus bas.»

Lors du même événement, le journaliste George Packer explique la durabilité d’OWS: «Occupy Wall Street a fait des inégalités sociales un thème qui résonne partout, même dans des zones rurales de l’Ohio. C’est une bombe à retardement. Les gens ont l’impression qu’il n’y a plus de classe moyenne. Ils attendaient du gouvernement et du Congrès qu’ils règlent le problème. En vain. Ils ont abandonné cet espoir et ne croient plus dans le processus électoral normal.» George Packer n’est pas surpris par le pessimisme ambiant. «Les gens ne voient plus à quoi servent leurs impôts. Prenez la loi Dodd-Frank (de régulation de Wall Street). Elle contient des bonnes choses. Mais elle a aussi beaucoup de défauts. En un an, 3000 lobbies ont versé plus de 3 milliards de dollars pour influencer les débats du Congrès.»


http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1feb6310-1b97-11e1-a7e5-d1124107b0a4%7C0